*** *** *** RECUEIL D'UNE ECORCHEE *** *** ***

 *** *** *** RECUEIL D'UNE ECORCHEE  ***  ***  ***
Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux c½urs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

"La mort des amants", Les Fleurs du Mal, Baudelaire.


Galeries Textuelles, faites moi signe :)

-PAS DE PUBS-

# Posted on Friday, 13 November 2009 at 5:43 PM

Edited on Monday, 07 December 2009 at 2:17 PM

*** *** *** L'ARC-EN-CIEL DE MON EXISTENCE *** *** ***

 ***   ***  ***  L'ARC-EN-CIEL DE MON EXISTENCE  ***  ***    ***



Noir. Couleur dominante de mon état d'esprit.
Ténèbres. Lieu où j'ai élu domicile.
Haine. Sentiment qui m'habite et me hante.
Vide. État de mon c½ur lacéré.


Je n'ai pas pu te dire au revoir. La vie t'a arraché de moi pour te destiner à la mort.
Je n'ai pas pu te dire au revoir. La vie m'a planté un pieu dans le c½ur. Un pieu qui le maintient endolorit et qui ne lui permet pas d'exploser. Pourtant, l'explosion me serait vitale. Le choc libérerait l'oxygène qui me manque. Tout n'est plus qu'illusion autour de moi, tout n'est plus qu'éphémère. Poussière. Calomnies. Mensonge. Colère. Incompréhension. Indifférence. Je vis dans un monde qui m'est étranger. Sa transparence me répugne. Ils courent tous, à une vitesse folle, ils me désarment, me montre encore plus mon état pitoyable dont j'ai conscience. Ils m'assomment de leur allégresse, de leur insouciance.
Mes espoirs sont ligaturés depuis qu'on t'a arraché de moi. Ma vie aussi. Il n'y a que mes larmes qui ne veulent pas s'estomper, et ce myocarde, qui trouve encore la force de battre tous les jours alors qu'il est totalement brisé. Je n'arrive plus à avancer. L'arc-en-ciel de mon existence s'en est allé.

Je me souviens, la première fois que je t'ai sentie. J'ai connu alors l'origine de la symétrie. J'ai compris à ce moment-là pourquoi la terre tournait. Je savais, par ta présence en mon être, que tu étais l'être le plus important à ma vie. La personne pour qui je respirais. Celle que je protégerais envers et contre tout. Celle pour qui je me sacrifierais s'il le fallait. Je t'ai donné ma vie, à ce moment-là.

Je me souviens, la première fois que je t'ai eue dans mes bras. Tu étais si belle. Tes pommettes étaient déjà saillantes, tes lèvres carminés esquissaient déjà les profonds sourires que tu as toujours su adresser à la vie. Tu avais les cheveux ébouriffés, de beaux yeux ébahis par les nouvelles choses que tu découvrais. Je t'ai donné mon âme, ce jour-là.

Je n'ai pas pu te dire au revoir. Je ne peux pas te dire au revoir. Tu es le fruit de mes entrailles. Mon sang, ma vie. Si je suis sur Terre, c'est parce que je suis bercée par les illusions que tu m'envoies de ton paradis. Espoir chétif de ta présence ailleurs, dans un endroit que nous seules pouvons connaître et que je finirais par dénicher un jour. Je te vois. Dans la rue, à la maison, dans le parc, dans mes rêves. Partout. Je te vois dans chaque enfant qui joue, qui rit, qui pleure. Je cherche tes boucles blondes. Et puis je me souviens, de ce jour maudit où la vie m'a abattue. Et je tombe. Plus bas que terre. En enfer. Dans ce monde où tu n'es plus. Ce monde où j'erre, où mon apparence spectrale s'efface seconde après seconde.
Je vomis ton absence. Je crache ton silence. Et je m'enfonce, dans la sécheresse d'une vie terne et sans couleur, dans les racines d'un monde sans soleil.

Tu étais l'arc-en-ciel de mon existence. L'écho de ton rire résonne encore jusque dans la moelle de mes os. Tu as été ce papillon qui s'envole trop tôt. Et je suis cette marque de toi, indélébile et fragile. Cette peluche oubliée dans un parc, vieillie par les effluves du temps et de l'usure. Je suis ce reste de toi, ce souvenir de ton existence. Je suis cette mère qui n'a plus de but, puisqu'elle a perdu son enfant.


# Posted on Friday, 13 November 2009 at 6:44 PM

Edited on Saturday, 05 December 2009 at 7:37 AM

*** *** *** ENFANCE VIOLEE *** *** ***

*** *** *** ENFANCE VIOLEE  *** *** ***

J'aurais aimé être la fille que t'aurais eu peur de perdre. J'aurais aimé être celle à qui tu souriais, chaque matin. Celle que tu aurais protégé envers et contre tout. J'aurais aimé être celle qui avait la plus haute importance dans ta vie, dans ton c½ur. J'aurais aimé ne pas être amenée à te haïr. Ne pas avoir envie de te cracher à la figure dès que mon regard croise le tien. Ne pas avoir envie de te lacérer le myocarde avec la même violence que toi quand tu as écorché le mien. J'aurais aimé pouvoir t'aimer. Te serrer dans mes bras, me confier à toi, t'offrir mes sourires les plus larges et mes larmes les plus chaudes. J'aurais aimé te voir m'offrir un monde plus beau. Mais vois-tu, du haut de mes jeunes années, mon innocence est déchue. Tu lui as cassé les ailes. Tu m'as désillusionné, sans scrupule. Tu m'as appris que la vie n'avait rien à voir avec les contes de fée, que l'Homme était égoïste et plus que faillible. Tu m'as appris la lâcheté. Les coups de fouet en pleine âme et les gifles qui martèlent si violemment les joues des enfants. Tu m'as appris les larmes qui coulent en éraflant le visage. Tu m'as appris les vomissures de l'existence, les fleurs fanées, les nuages noirs et les flammes incandescentes. Tu sais, Maman, j'aurais aimé être cette enfant qui t'appelait quand elle avait peur dans le noir. J'aurais aimé être cette enfant qui se réfugiait dans tes bras. J'aurais aimé être cette enfant candide qui t'aurais aimé plus que tout. Tu m'as fait devenir ce que je n'aurais pas du être. Et vois-tu, j'aurais aimé ne pas être cette fille qui n'a pas peur de te perdre.

# Posted on Saturday, 14 November 2009 at 6:45 AM

Edited on Saturday, 05 December 2009 at 7:40 AM

*** *** *** ODE A LA FAIBLESSE *** *** ***

   *** *** *** ODE A LA FAIBLESSE  *** *** ***
Elle était là. Face à moi. Sans pitié, sans compassion. Elle obsédait mes yeux, troublait mon esprit, serrait mon myocarde déjà trop écorché. Elle était posée nonchalamment sur mon bureau, sur le tas de feuilles que j'avais remplis de mots. Des mots pour l'exorcisme de mes maux. Elle ne demandait rien à personne, elle se fichait de tout. Le mal, le bien, elle ne connaissait pas. Mais elle est était plus apte à faire le mal. Elle était abimée et souillée. La couleur rouge écarlate cachait sa couleur initiale. Elle était là. Face à moi. Cette lame. Celle qui depuis des mois m'aidait sans le faire vraiment. Celle qui depuis des mois faisait mal à mes proches. Bien plus qu'à moi. Cette lame qui avait été la motivation de mes nuits blanches colorées par le rouge. Cette lame qui avait été la pseudo solution à mes tourments.

Son image provoquait en moi une frénésie incontrôlable. Il fallait que je m'empare d'elle. Il fallait que je la tienne, que je la fasse mienne. Qu'elle ait son emprise sur moi, qu'elle ait le dessus sur mon esprit, qu'elle souille ce corps. Ce corps destitué d'âme depuis déjà trop de temps. Je la tenais dans ma main, à présent. Elle était si fine, si légère, et pourtant, elle portait tout mon poids. Tout le poids de mes tristes années, de mes blessures. Elle portait les marques de toutes ces coupures sur mon bras. Elle contenait tous mes secrets. Elle était la clef de cet enfer dans lequel je m'enfonçais un peu plus chaque jour. Un enfer qui m'apporterait un jour le paradis. La délivrance. Le secours.

Doucement, je la fais glisser sur ma peau déjà bien trop usée. Une fois. Deux fois. Trois fois. Puis la douleur aigue, criarde, mais si apaisante. Toute ma haine se trouve en ce point précis, en cette douleur lancinante et brûlante qui reflète mes pires maux. Ecorchée vive. Au sens propre du terme. Témoignage de mes espoirs ligaturés. De mes joies circoncises. De mon bonheur calciné. De ce souvenir trop présent qui me hante et qui m'ôte la vie. Chaque souffle est un supplice. Mon c½ur se démantèle. Chaque jour en plus le resserre. J'attends l'implosion. Celle qui me conduirait à ses côtés.

La porte s'ouvre. Elle entre. Elle se pose à côté de moi, m'observe. S'empare de ma lame. Me la confisque, une nouvelle fois. Tout en sachant que je recommencerais. Elle s'en va, dans son mutisme d'impuissance, les yeux dans le vide, les bras ballants. Elle claque la porte, preuve de son affliction. Mes larmes perlent le long de mes joues creuses. Je lui fais mal. Tous les jours. Je la désillusionne. Je la désarme, lui ôte tout le pouvoir qu'une mère peut avoir sur son enfant. Je la blesse. Je la contamine de mes blessures. Je lui transmets mon vague à l'âme. Je me hais. Toujours plus au fil du temps. Parce que je la détruis en même temps que moi.

Je ne supporte plus ce fardeau que je traîne. Je ne supporte plus de la voir partir avec moi. Je ne supporte plus le poids des jours. Je hais. Le soleil, les nuages, les miroirs, les éclats de rire. Tout. Je marche frénétiquement. Sans bruit. Je vais dans la salle de bain. Je ferme la porte à clef derrière moi. J'ouvre les robinets, fait couler de l'eau bien chaude dans la baignoire. Je sais que la chaleur apaise. Anesthésie. J'enlève mes vêtements trop grands. Je dépose une lame toute neuve sur l'email du bain. La lame. Celle que j'ai choisie avec précaution depuis longtemps. Celle que j'ai prévue. Fine et aiguisée, légère et tranchante. Je plonge mes jambes dans l'eau brûlante. Je m'assois. Je fais défiler une dernière fois ton souvenir, écoute une dernière fois ta mélodie. Puis j'entame ma destruction. Les bras tendus. Avec motivation et détermination. La lame se fait faucheuse. L'eau si claire devient écarlate. J'attends que mes veines se vident, en silence, sereine. Je n'ai pas mal. Mon myocarde sait que tout va aller pour le mieux. Je fixe le plafond. Un voile se dépose sur mes yeux. Ma respiration se saccade. Je souris. La délivrance.

# Posted on Saturday, 14 November 2009 at 6:57 AM

Edited on Saturday, 05 December 2009 at 7:42 AM

*** *** *** CHIMERES EVANESCENTES *** *** ***

 ***   ***  ***  CHIMERES EVANESCENTES  ***  ***    ***
Je flotte dans un tourbillon de symphonies.
Dans une spirale de notes frénétiques.
L'écho de ta voix insuffle la vie à mon coeur.
L'écho de ta voix cristalline anime mon être.

Tu es debout face à moi, ta prestance et ton charisme m'impressionnent. Je suis soumise à ton regard sévère, à tes yeux si ouverts et illuminés. Lentement, tu t'approches. Mon myocarde a un raté, mes poils s'hérissent. Un frisson parcourt mon échine, me paralyse. Mes prunelles n'osent pas se soustraire aux tiennes. Tu poses délicatement ta main sur ma joue enflammée. Je tressaille. Ta main me noue l'estomac, me déchire les entrailles, agresse mes viscères. Je sens ton assurance, ton irréalité. Je pousse un souffle de courage, je joins mes phalanges aux tiennes. Soudain, il gèle. Dans ma tête, dans mon coeur, dans mon âme. Je veux crier, mais mes cordes vocales sont soumises au froid. Et puis ton visage s'avance. Tu joues avec moi, avec mes émotions, avec ma force. Tu me lacères l'esprit. Tu flagelles de ton regard mes souvenirs. Me surprenant, la douceur de tes lèvres se fait violente. Je sens ton haleine qui m'immobilise, tes fragrances sucrées et légères qui se mèlent aux miennes. Je me laisse aller, à ton rythme, à tes flots mélodieux qui entrent en possession de mon être. D'un baiser, tu me fais tienne. Tu me soumets. Tu calcines mes défenses. Tu brouilles mes moindres pensées. Puis, sans scrupule et sans prévenance, tu recules. Tu ôtes brusquement tes lèvres qui m'appartenaient. Ton regard se dissout du mien. Tu t'en vas. Tu pars. Tu t'effaces. Tu disparais. Encore.

Je flotte dans un tourbillon de mauvaises mélodies.
Dans une spirale de fausses notes.
Tu étais là. A nouveau mien.
Le temps d'un rêve.

# Posted on Saturday, 14 November 2009 at 7:01 AM

Edited on Saturday, 05 December 2009 at 7:44 AM